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Entrevues - Interviews

 

            Le 6 août 2007  - August 6, 2007                   

                   P. MATHIEU/G. Cañas
           
4‑6, 7‑5, 6‑0
           

Q. Henri, comment on fait?  Tu était dans un état désabusé?

PAUL-HENRI MATHIEU: Oui, j'étais vraiment dos au mur.  Au début,  j'ai bien commencé.  C'est vrai qu'après je me suis fait breaké un peu, pas bêtement, il a bien joué.  Mais j'ai eu des occasions de rebreaker deux fois dans le premier set.  C'est vrai qu'il a vraiment bien servi au premier set.  Donc, ça l'a un peu aidé sur ses jeux de services.  C'est vrai qu'après j'ai eu un petit passage à vide où j'ai un petit peu joué à l'envers.  Ça, je pense que je jouais un petit peu trop son coup droit, lui il contrait bien et voilà.  C'est vrai qu'après, je faisais vraiment rien du tout, ça prenait une correction au deuxième.  C'est vrai que ce jeu à 4‑1, il était important finalement, avec recul.  C'est quand je fais 4‑1, après j'ai réussi un petit peu à me calmer.

Q. Tu as senti quelque chose à ce jeu‑là, 4‑1?  Pas forcément?

PAUL-HENRI MATHIEU: Ouais, je me suis dit oui, parce que sinon, ça va vite, sinon ça fait 6‑0.  Je me suis dit, "essaie de te poser un peu plus".  C'est vrai que mine de rien, quand on ne fait pas de match pendant trois semaines, on perd un petit peu aussi les habitudes de match et tout ça.  C'est pour ça que j'ai joué un petit peu à l'envers.  Après, j'ai essayé de poser un peu plus mon jeu, j'ai joué plus en diagonale sur son revers et voilà.  Après, c'est vrai que petit à petit, mon jeu a commencé à se mettre en place, j'étais en confiance en mes coups et après j'ai vraiment bien joué.

Q. À quel moment tu as senti que ça a tourné en ta faveur?

PAUL-HENRI MATHIEU: C'est difficile à dire.  Mais c'est vrai que quand même, quand c'était 4‑2, je me dis, là j'ai breaké une fois et bon, j'aurais pu perdre 6‑4 aussi.  C'est vrai qu'à ce niveau‑là, c'est vrai qu'il peut passer, il peut gagner son jeu de service sans problème avec ses premières balles.  J'ai eu la chance qu'il place un peu moins de premières balles à ce moment‑là, mais c'est vrai que j'ai eu beaucoup de chance de le breaker une deuxième fois, au deuxième set.  Et à 4 partout, là je me suis dit, bien là, à nouveau j'ai une chance, quoi.  Je sentais que j'étais en train de prendre le dessus petit à petit de nouveau.

Q. Tu as senti dans le troisième set que tu l'écoeurais, quelques coups de filet, les lignes et ce genre de chose?

PAUL-HENRI MATHIEU: Ouais, bon, les lignes, c'est dans les deux côtés.  Il en a faits aussi des lignes.  Et bien sûr, j'ai eu un peu de réussite.

Q. Lui manifestait beaucoup.  On le voyait souvent implorer.

PAUL-HENRI MATHIEU: C'est souvent comme ça quand on est dos au mur.  Moi aussi j'ai l'impression que quand je perdais 6‑4, 4‑0, qu'il faisait toutes les lignes et tout ça.  Non, moi j'essayais de rester concentré.  Oui, après, c'est vrai que j'étais en confiance.  Je tentais des coups comme quand on est en confiance, quoi.

Q. C'est fréquent de te balader un peu comme ça?  Par exemple, Canas (inaudible)

PAUL-HENRI MATHIEU: Je me sentais vraiment, à part au début où j'ai eu du mal à commencer.  Mais quand j'ai commencé à remonter, je me sentais vraiment à l'aise et j'avais l'impression que je pouvais mes frappes, que je pouvais frapper très fort et un peu ralentir.  C'est vrai que quand j'avais le temps, j'avais l'impression que je pouvais frapper très fort.

Q. Ton jeu était sur un lancer de Gstaad?

PAUL-HENRI MATHIEU: C'est différent, c'est difficile.  J'ai fait une petite pause après.  Non, à Gstaad vraiment, j'ai joué moins bien à Gstaad.  Là les deux derniers, à 6‑4, 4‑0, c'est incroyable, j'ai joué incroyable, quoi.  Je perdais pas beaucoup de points du fond de cour, contre un type de joueur, enfin contre lui, c'est rare, quoi.
 
Q. C'est un de tes meilleurs matchs de la saison?
 
PAUL-HENRI MATHIEU: Oui, enfin, meilleur match, à partir de 6‑4, 4‑0, oui.  Avant, c'était ...  Ça s'est équilibré, quoi.

Q. Une meilleur demi‑temps.

PAUL-HENRI MATHIEU: Oui, une très bonne demi‑temps.  Enfin, aujourd'hui, je suis content d'avoir pu renverser la situation.  C'est vrai que contre des gens comme ça, quand on est mené, c'est très rare qu'on arrive à renverser la situation et je suis content d'avoir réussi à faire ça aujourd'hui.

Q. Est‑ce que tu te rappelles d'avoir déjà fait une remontée comme ça, soit chez les pros ou les juniors, c'est déjà arrivé?

PAUL-HENRI MATHIEU: Oui, je me souviens plus, mais ça a dû m'arriver.  Peut‑être contre on joueur aussi fort, non.  C'est vrai qu'en général, quand on perd un set, qu'on est double‑breaké contre le 15e mondial, c'est pas bon signe.

Q. Il n'y avait pas de revanche que tu pensais? Tu n'as pas pensé, si tu avais perdu, tu aurais aimé prendre la revanche de Roland?
 
PAUL-HENRI MATHIEU: Je veux dire j'ai pas pensé quand je menais 5‑0, non.  Mais ça, on voit ça souvent, ça arrive.

Q. C'est l'inverse, il y a le phénomène de frustration.

PAUL-HENRI MATHIEU: Même quand je perdais 4‑0, j'ai cru, tout ça,  c'est vrai que je voulais vraiment gagner, prendre cette revanche.  Enfin, pour moi c'était une revanche, quoi.  Mais j'avais deux balles de match pendant le quart de finale de Roland, c'est dur, quoi.  Je regardais (inaudible) quand je passais devant sa chaise, et il m'a dit, "tu peux gagner" et tout ça.

Q. Ça te fait du bien pour le moral, forcément?

PAUL-HENRI MATHIEU: Oui.

Q. Tu penses que oui?

PAUL-HENRI MATHIEU: Non, c'est sûr, je suis content.  Tous les matchs sont difficiles dans ces tournois, chaque victoire est importante, quoi.  

Q. Tu as fait un bon break après Gstaad?

PAUL-HENRI MATHIEU: Après Gstaad, un break, ça passe vite.  Qu'est‑ce que j'ai fait?  Le lendemain, je suis parti à Strasbourg parce que je devais aller à Stuttgart pour me retirer.  Comme mes parents habitent à Strasbourg, j'ai fait un stop à Strasbourg, le mardi j'ai passé la journée à Stuttgart.  Ensuite, je suis resté mercredi et jeudi à Strasbourg.  Et vendredi, samedi et dimanche je suis allé à Genève, et après je me suis entraîné, quoi.

Q. Pas de coupure?

PAUL-HENRI MATHIEU: C'est difficile de faire.  J'ai l'impression que j'ai arrêté une journée, quoi.  C'est vrai que c'est plus une coupure psychologique où on sort un peu, on oublie un peu le stress.  C'est pas comme une coupure en novembre.  En novembre on peut vraiment couper, quoi.

Q. Tu es arrivé quand ici?

PAUL-HENRI MATHIEU: Je suis arrivé mercredi.

Q. Le fait que tu aies pu revenir, ça montre tes progrès sur le plan mental, ou ça montre que tu as fait un bon début de saison comme ça, tu as remonté?

PAUL-HENRI MATHIEU: C'est difficile.  Oui, forcément, oui, avec la confiance, ça aide.

Q. Tu penses qu'il y a un an ou deux tu aurais pu revenir dans ce match?

PAUL-HENRI MATHIEU: C'est difficile à dire.  Si on regarde les deux dernières saisons, à chaque fois, à quelques matchs près je suis pas très loin, quoi.  Si je gagnais un ou deux matchs en plus dans l'année, ça pouvait tout changer, des gros matchs, quoi.  Donc, voilà, là c'est vrai que maintenant j'ai enchaîné depuis le début de l'année, j'ai bien joué à partir de Miami.  Oui, forcément, quand on gagne beaucoup de matchs, ça aide, même quand on est dos au mur.  À Gstaad c'est comme ça que j'ai gagné.  Souvent j'étais mené et finalement avec la confiance que j'ai accumulée depuis le début de la saison, ça aide, c'est sûr.

Q. Est‑ce que cette confiance, ces petits détails que tu gagnes, ces petits détails qui font que tu gagnes des matchs, est‑ce que c'est un trait mental que tu as fait ou est‑ce que c'est juste comme ça?
 
PAUL-HENRI MATHIEU: Non, c'est pas un trait mental que j'ai fait.  C'est des victoires qui s'enchaînent, aussi les entraînements, des entraînements à tous les jours, quoi.  On s'entraîne à tous les jours.  C'est les entraînements, c'est un peu dans l'ombre, on ne se rend pas compte.  Mais à force de s'entraîner tous les jours, ça s'accumule, ça s'accumule et ça apporte plus de confiance.

Q. Un des buts de cette tournée est d'atteindre un plafond élevé?

PAUL-HENRI MATHIEU: Oui, j'espère bien jouer dans tous les tournois que je vais faire cette semaine et la semaine prochaine, faire un bon US.  Si je peux réussir à me rapprocher des 15 premiers en fin d'année, je serais vraiment content.

Q. Je me souviens plus.  Sur la tourné américaine, tu as combien de points?
 
PAUL-HENRI MATHIEU: J'ai 35 points.
 
Q. Tu les défends?

PAUL-HENRI MATHIEU: Oui.  Donc, je les ai défendus.

Q. Le fait que tu tiens sur place, c'est un bon signe.

PAUL-HENRI MATHIEU: Oui.  Ça aide aussi pour la confiance.  Mais là j'ai bien joué à Wim.  C'est vrai qu'avec du recul je me dis, mais comment j'ai pas pu bien jouer avant sur le gazon, quoi.  Parce que finalement j'ai joué un peu comme sur dur.  C'est vrai que j'ai bien joué partout cette année, quoi.  C'est pas fini, on n'est qu'au milieu presque.

Q. Pour changer de sujet, un sujet qui est abordé depuis trois ou quatre jours qu'on est ici, l'histoire de Davydenko.  Tu en dis quoi?
 
PAUL-HENRI MATHIEU: Franchement, moi j'ai mal à le croire que c'est possible.  Je sais pas.  Franchement, je sais pas.

Q. À Miami, il y a Berdych qui me disait qu'il y avait eu un gars qui était venu parler aux joueurs?
 
PAUL-HENRI MATHIEU: Oui, c'est vrai.

Q. Tu avais assisté à cela?

PAUL-HENRI MATHIEU: Oui, j'avais assisté.  Un gars, il faisait un sport?  Tu te souviens?  Tu te souviens à Miami la réunion qu'on a eue, le gars?

LE MODÉRATEUR: Je ne sais pas.

PAUL-HENRI MATHIEU: Non, c'est un mec.  C'était en fait il commençait à parier, il expliquait avec le pari, ça a intérêt dans la drogue.  C'est sans fin, en fait.  Voilà.  Et qu'il a gagné beaucoup d'argent, ensuite il est allé 15 ans en prison.  Enfin, il nous a montré dans quoi ça pouvait mener.  C'est un peu gros quand même.  Il y en a qui viennent nous parler de ça.  Moi je sais pas.  J'ai du mal à croire que ça puisse arriver.  Peut‑être en Amérique.  Enfin, chez nous on a une autre mentalité, en  France en Europe.  Je ne sais pas.  Franchement, je sais pas, quoi.

Q. Il y avait beaucoup de joueurs qui ont assisté à ces trucs?

PAUL-HENRI MATHIEU: Tous les joueurs de l'ATP.  C'est un meeting.

Q. Un meeting un peu officiel, pour expliquer c'est quoi le "gambling"?

PAUL-HENRI MATHIEU: Exactement, les dangers.

Q. Louis Borfiga l'an dernier a été embauché par Tennis Canada.  Est‑ce que tu as travaillé avec lui en France?

PAUL-HENRI MATHIEU: Un petit peu.  Je suis resté une année à Paris, mais je suis resté une petite année.  Après, je suis reparti aux États‑Unis.

Q. Tu avais quel âge?

PAUL-HENRI MATHIEU: J'avais 14 ans.

Q. Est‑ce que tu crois que c'est un bon atout, j'imagine? 

PAUL-HENRI MATHIEU: Oui, c'est sûr.  Il a beaucoup d'expérience, c'est un très bon entraîneur.  Je pense qu'il va beaucoup apporter ici pour le tennis canadien.  C'est toujours important d'avoir des avis différents.  C'est vrai que c'est un grand entraîneur.  Oui, c'est très bien pour vous.  C'est dommage pour nous.

Q. Le fait de revenir dans une ville où tu as quand même bien joué il y a deux ans, ça a‑tu un feeling particulier?

PAUL-HENRI MATHIEU: Oui, forcément.  J'ai le souvenir, il y a deux ans, où j'ai bien joué, ça aide, je me sentais bien.  Oui, c'est un plus.
 
[l'entrevue se poursuit en anglais]


           
PAUL‑HENRI MATHIEU
           

            Q.  You won four of the first 14 games and 13 of the last 14.  How do you explain such a significant turnaround against a quality player?
            PAUL‑HENRI MATHIEU:  I don't know.  Sometimes it happen like this.  Not very often.
            No, I mean, I was 6‑4, 4‑Love down.  I just said to myself, I mean, try to play lose, just to be happy on the court because I was a little bit frustrated.  And then I start to play better.  I did less mistake.  Then I played really good.

            Q.  Did you try any strategy change, the way you approached it?
            PAUL‑HENRI MATHIEU:  Yeah, I tried to play more his backhand because I think I play too much his forehand at the beginning.  In the end, he was playing very good with his forehand.  I just try to play his backhand, be more patient, and when I had the short ball, I just went for it.

            Q.  Do you think you pressed him to the point where he started making some unforced errors?  Did you think at some point in the second set that you could actually swing it?  Was there a point in the second set that you thought, Yeah, I can win this match, even when you were down?
            PAUL‑HENRI MATHIEU:  At 4‑3 I said, if I can break him back, to be back at 4‑All, I said, Yeah, I have a chance.  When I broke him back, when it was 4‑All, I said, Yeah, I have the chance again.

            Q.  The meeting you had in Miami with the person the ATP brought in, a member of an organized crime syndicate, tell me about the context of the meeting, what he shared with you.
            PAUL‑HENRI MATHIEU:  What the guy ‑‑ I mean, he just was explaining to us that he was gambling before, then he went through drugs and everything, crime.  He went to the jail for, I don't know, 20 years.  Was a little bit too much for us.
            But he was explaining the danger that we can have to start gambling.

            Q.  Especially in light of Davydenko, do you feel you're more aware and sensitive of this stuff?
            PAUL‑HENRI MATHIEU:  Honestly, I have no idea.  Even we talk about Davydenko.  Anybody knows what happened with Davydenko?  Yeah, he retired in one match.  Doesn't mean that he did anything before.  I don't know.
            I mean, I honestly I don't know.  Honestly, I don't know.
                  
     FastScripts by ASAP Sports





 
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