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Le 5 août 2007 14 h - August 5, 2007 2:00 pm
P‑L Duclos / F. Fognini
2‑6, 2‑6
LE MODÉRATEUR: On prend les questions en français.
Q. Ça a pas été comme hier.
PIERRE-LUDOVIC DUCLOS: Non, vraiment pas. Disons qu'aujourd'hui j'ai payé le prix pour le match d'hier. Mon match d'hier a été au niveau physique et émotionnel. Ça a été très difficile pour moi. C'était la première fois que je jouais contre un joueur aussi haut classé que ça et c'était ma plus grosse victoire. Donc, ça a été un match vraiment, ce match‑là d'hier m'a vraiment vidé au niveau physique et émotionnel. Donc, aujourd'hui, j'ai manqué d'un peu de jus, disons.
Q. Qu'est‑ce que tu penses tirer de ton expérience ici avec la victoire d'hier et le match d'aujourd'hui?
PIERRE-LUDOVIC DUCLOS: C'est sûr que pour moi, ça va me donner beaucoup de confiance pour le futur. La victoire d'hier, ça a été la meilleure victoire jusqu'à date dans ma carrière. Donc, je vais prendre ça comme du côté positif quand même, le tournoi en général, puis je vais essayer d'utiliser toujours ce match‑là pour les matchs à venir.
Q. Est‑ce que c'est mentalement ou physiquement que ça a été le plus difficile aujourd'hui?
PIERRE-LUDOVIC DUCLOS: Ça a été, je vais dire 50‑50 disons. Physiquement et mentalement, ça a été difficile. Mais, écoutez, c'était la première fois que je vivais une sensation comme ça, un moment comme ça. Donc, pour le futur, on va essayer d'améliorer ça.
Q. Comme bilan, tu sors de là d'une façon positive. C'est intéressant comme bilan quand même, ce que tu as vécu, la gamme d'émotions par laquelle tu es passé.
PIERRE-LUDOVIC DUCLOS: Oui, c'est sûr. Tu sais, jouer dans un tournoi d'aussi haut niveau, c'est un des meilleurs tournois au monde. Et d'avoir vaincu un joueur qui était dans les top 20 déjà, ça veut dire beaucoup de choses pour moi. Alors je vais quand même sortir de ce tournoi‑là la tête haute, même si aujourd'hui j'ai pas joué au niveau que je croyais que je pouvais jouer.
Q. Est‑ce que tu crois que ça va avoir contribué à te faire connaître davantage au sein du public également?
PIERRE-LUDOVIC DUCLOS: C'est sûr, oui. Surtout, bien, pas le match aujourd'hui, évidemment pas. Si on pense au match d'hier, je suis sûr que maintenant le public et les personnes, les gens de Montréal et du Canada vont me connaître un peu plus.
Q. Au niveau de la stratégie, c'était quoi ton plan de match? Qu'est‑ce qui a bien été et qu'est‑ce qui a moins été dans ton plan de match au niveau tactique?
PIERRE-LUDOVIC DUCLOS: Au niveau tactique?
Q. Oui.
PIERRE-LUDOVIC DUCLOS: Au niveau tactique, on avait, le plan de match était surtout de jouer les points plutôt courts, garder les points deux, trois échanges maximum et de monter au filet, puis quelques fois varier aussi avec service‑volée. Mais mon service aujourd'hui passait pas vraiment. Donc, ça l'a influencé mon jeu. Puis, au niveau physique aussi, mon déplacement sur le terrain, j'étais toujours une fraction de seconde en retard. Donc, j'avais pas l'agressivité que j'avais hier aussi. J'arrivais pas à finir les points en deux, trois coups. Aussitôt que le point durait plus que cinq ou six échanges, je voulais finir le point trop vite. Donc, j'essayais pour une trop grosse "shot", et là je le manquais souvent.
Q. Est‑ce que tu étais un peu en panne d'énergie et d'émotion? As‑tu senti ça même avant le match ou dans le "warm‑up"? Quand est‑ce que tu as réalisé que ...
PIERRE-LUDOVIC DUCLOS: Bien, c'est ce matin, en me levant surtout.
Q. Ah oui?
PIERRE-LUDOVIC DUCLOS: Oui, j'ai dit à mon entraîneur, j'ai dit: écoute, aujourd'hui, ce sera pas facile là. Même habituellement, le matin, au déjeuner, je mange beaucoup, beaucoup, et j'avais pas faim du tout ce matin. J'avais juste le goût de revenir dans mon lit puis de dormir. Donc, c'est ça.
Q. Tu l'as senti assez rapidement?
PIERRE-LUDOVIC DUCLOS: Hein?
Q. Tu l'as vu vite?
PIERRE-LUDOVIC DUCLOS: Oui, je l'ai vu vite, tout de suite ce matin, en me levant. Et durant le réchauffement aussi, j'étais lourd sur le terrain, mes jambes étaient lourdes, j'avais pas de force au niveau physique. Je sentais pas que j'avais de l'énergie.
Q. Est‑ce que il y a un moment où tu as pensé que tu avais quand même une chance de remporter ce match‑là?
PIERRE-LUDOVIC DUCLOS: Disons qu'avant le match, mon objectif était quand même de gagner le match. Sauf qu'en rentrant sur le terrain puis après avoir vu les premiers jeux, comment ça s'est déroulé, j'ai senti que j'avais de la fatigue dans moi, dans mon corps. Je me suis dit que si vraiment je jouais pas du gros tennis, je faisais pas des gros "serves" et j'essayais pas pour les gros coups, j'allais pas gagner ce match‑là quand même. Donc, disons que j'avais pas vraiment, au niveau croyance c'était pas comme hier disons. Juste le fait que physiquement et mentalement j'étais pas à 100 p. 100, j'avais pas la même vision du match aujourd'hui.
Q. Tu as quand même eu un regain d'énergie au début du deuxième set, tu as gagné ton service, on t'a senti un peu plus présent. Mais après ça il est revenu et il t'a brisé. Est‑ce que c'est là que ça t'as ralenti les jambes?
PIERRE-LUDOVIC DUCLOS: Disons que, bon, de toute façon je perdais, j'avais perdu le premier set, je perdais 4‑2 le deuxième set, je crois, avec un bris, comme hier. J'étais dans la même situation qu'hier, sauf qu'hier j'ai réussi à m'en sortir parce que j'avais encore l'énergie pour me sortir du match. Mais aujourd'hui j'ai pensé que j'avais probablement l'énergie encore, mais ce que j'avais pas aujourd'hui. Donc, j'ai pas pu rien faire vraiment.
Q. C'est quoi la prochaine étape pour toi?
PIERRE-LUDOVIC DUCLOS: Prochaine étape? Prochain tournoi?
Q. Oui. C'est quoi la suite des choses pour toi?
PIERRE-LUDOVIC DUCLOS: Ça va être un tournoi au Bronx, à New York. Non, c'est vrai, avant ça, il y a le double. Je vais jouer le double. J'ai rentré dans le double, une "wildcard". On a eu une "wildcard", j'avais oublié. Et justement on va jouer moi et Philip Bester, un autre Canadien. On va jouer contre Leyton Hewitt et Raphael Nadal. Ça va être intéressant, un gros match.
Q. Quand tu as su que tu jouais Hewitt et Nadal dans le "draw", as‑tu regardé deux fois pour être sûr que tu avait les bons? Est‑ce que c'était une bonne ou une mauvaise nouvelle?
PIERRE-LUDOVIC DUCLOS: Non, c'était une bonne nouvelle. Écoute, quand même Nadal et Hewitt, c'est pas des spécialistes du double. C'est des très bons joueurs en simple, mais en double je crois pas que c'est des bêtes. Mais je vais entrer sur le terrain et je vais m'amuser. L'important, c'est de s'amuser et ça va être toujours une très bonne expérience. De jouer contre Nadal ou Hewitt ensemble, les deux ensemble en même temps, c'est toujours plaisant.
Q. Est‑ce que tu as déjà joué avec Bester ou jamais?
PIERRE-LUDOVIC DUCLOS: En double jamais.
Q. Est‑ce que vous vous connaissez? Parce que vous n'êtes pas exactement du même âge. Chez les juniors, vous n'avez pas joué un contre l'autre.
PIERRE-LUDOVIC DUCLOS: Non, mais on se connaît quand même depuis deux ans. Lui s'entraîne à Vancouver, il vient de Vancouver et moi je viens de Québec. Mais dans les tournois, quelques tournois aux États‑Unis qu'on a joués professionnels futurs, on s'est vus là‑bas et je l'ai rencontré aussi l'année passé, à Toronto, Rogers Cup.
Q. C'est quoi la stratégie en double contre Hewitt et Nadal? Quand il y en a un plus faible que l'autre on dit on va jouer sur lui.
PIERRE-LUDOVIC DUCLOS: Justement, j'ai appris ça que je jouais contre Nadal et Hewill hier soir. Donc, ce matin, depuis ce matin j'ai même pas vu Bester, donc j'ai pas, on n'a pas parlé au niveau stratégique, moi et Bester ensemble et avec mon coach. Donc, il n'y a rien de prévu vraiment au niveau stratégique, mais je crois quand même que ça va être de prendre le filet le plus souvent possible quand même. Je crois que les deux, peut‑être, je sais pas si Nadal et Hewitt font le service‑volée, peut‑être. Sinon au niveau tactique, c'est peut‑être attaquer le deuxième service un peu plus et prendre le filet toujours.
Q. Juste pour revenir à ton match de simple, pour conclure, est‑ce qu'on peut dire que malgré toute ta bonne volonté de bien faire et de te qualifier, malgré tout tu n'y croyais pas ce matin sur le terrain, c'était plus difficile de te convaincre? Tu sais, il y a des matchs comme ça où tu forces autant que tu peux et ...
PIERRE-LUDOVIC DUCLOS: Oui, écoutez, des fois. Ce matin, c'est sûr que c'était pas comme hier, vraiment pas. Hier, j'avais vraiment l'énergie encore que aujourd'hui j'avais pas. Donc, j'ai pas pu rien faire vraiment. Je suis quand même vraiment déçu de ma performance et j'aurais voulu mieux jour, mieux faire. Mais c'est la première fois que je vis un moment comme ça, comme hier. Donc, pour moi c'était déjà, j'étais très fier de ma performance hier. Et aujourd'hui, j'ai pas pu jouer au même niveau, au niveau que je veux
Q. Est‑ce que c'était pas un peu ton tournoi hier, cette victoire contre un joueur classé si haut?
PIERRE-LUDOVIC DUCLOS: Qu'est‑ce que vous voulez dire par "mon tournoi"?
Q. Dans le sens où c'était comme un accomplissement en soi de battre ce gars‑là alors que personne ne s'y attendait vraiment. Après ça, on n'est plus capable d'aller ramasser le même niveau d'énergie pour la suite des choses.
PIERRE-LUDOVIC DUCLOS: Oui, c'est sûr. Comme je l'ai dit, pour moi, la victoire d'hier, c'est la plus grosse dans ma carrière jusqu'à date. Surtout à Montréal, dans un Master Series, sur le central, devant mes gens, c'est sûr que c'est très bon. Et aujourd'hui j'aurais voulu continuer de la même manière, mais j'ai pas pu.
LE MODÉRATEUR: We will take some questions in English.
Q. Your performance today, is that something you have to learn, to put two matches together like that?
PIERRE-LUDOVIC DUCLOS: That's something I will have to learn in the future, you know, because now, with the match that I played yesterday, I know that I can beat a guy that is top 100, you know, I can beat any guy, even top 50 in the world. But now I just have to learn to be able to do that match after match, you know, not just one match. And the next day, like today, all of a sudden, you know, I go down like that. I have to be able to keep putting matches like that for two, three, four matches in a row, you know.
Q. Was there anything about his game that surprised you?
PIERRE-LUDOVIC DUCLOS: Yes.
Q. Were you surprised by his serve, for example?
PIERRE-LUDOVIC DUCLOS: Yes, I thought maybe his serve, I thought his first serve, I didn't expect that he was going to serve that well, especially his first serve, because I think he hit a couple of aces that I didn't expect. And also when I came at the net a couple of times, I thought I hit a good approach shot, I came well at the net and he came up with a good passing shot, you know. So those two things, I was surprised.
Q. You talked a bit about, in French as well, the energy level, the physical toll yesterday's win took on you. There was a point, I guess, at the beginning of the day where you knew you were running on empty. It must have been pretty tough for you to hit the court, knowing that you had a few less bullets in your gun, going against a tough guy.
PIERRE-LUDOVIC DUCLOS: Yes, because especially yesterday, I went through probably the toughest match and today I had more chances to win because obviously the guy, he was ranked lower than the guy that I played yesterday, so I had a better chance to beat the guy. But I couldn't mentally, physically, I couldn't keep up.
Q. There's something you are going to take from this match. How you won yesterday, obviously the confidence you got from yesterday, today, in the sense of how to win with consistency in a tournament, going through emotional highs and lows. That is going to be the difference in your game?
PIERRE-LUDOVIC DUCLOS: Yes, definitely. I think if I can improve on my physical side, to get stronger, you know, in the future and get more fit, that will help me to be able to play matches after matches against guys ranked top 50 in the world. Like yesterday, I won one match like that, but today I couldn't keep it going, you know. But if in the future I become more fit physically and mentally, everything, you know, improve, then I'm sure I will be able to keep up and win matches in a row.
Q. You're going to have an opportunity now to try that obviously in the double's match against Hewitt and Nadal.
PIERRE-LUDOVIC DUCLOS: Yes. I mean, double is always different, you know. It's not like a single match. You don't need, on the physical side, it's not as tough as if you play a single match. But that will be the thing that will be interesting, to see if the way I will feel on the court, you know. Because to play Nadal and Hewitt, too, one of the two best players in the world, you know, they both be number one in the world in singles. So just the feeling to be there and play with them will really be something that I look forward to.
End of the interview. |